Étape 2 : Intervenir

Une fois que vous avez repéré un étudiant est en détresse, deux voies d'intervention s'offrent à vous :

Si vous avez un lien avec l'étudiant, le fait de lui parler directement peut s'avérer la meilleure option. Engagez la discussion en lui exprimant vos préoccupations quant à des comportements précis que vous avez observés.

Services de counselling ou les Services de santé de votre université (ou toute autre ressource en réseau, si l'incident survient « en dehors des heures de travail »), et demander conseil sur la façon de gérer la situation.

Votre décision quant à la voie à suivre peut être influencée par :

  • Votre niveau d'expérience
  • La nature et la gravité du problème
  • Le temps que vous pouvez consacrer à la situation
  • Une foule d'autres facteurs personnels

Si vous choisissez de parler directement à l'étudiant, vous n'avez qu'à l'écouter, le soutenir et l'orienter vers les ressources adéquates. Vous ne devez pas agir à titre de psychologue. Afin de bien l'aider lors de votre discussion :

  • Rencontrez l'étudiant en privé. Choisissez un moment et un endroit où vous ne serez pas interrompus.
  • Créez un climat positif. Exprimez-lui vos préoccupations et votre inquiétude.
  • Faites-lui remarquer des comportements précis que vous avez observés (« J'ai remarqué dernièrement que vous… »).
  • Demandez-lui : « Comment allez-vous dernièrement? »
  • Écoutez attentivement sa réponse et encouragez-le à parler davantage (« Dites-m'en plus à ce sujet. »)
  • Laissez-lui le temps dont il a besoin pour raconter son histoire. Permettez les silences. Ne renoncez pas si l'étudiant prend son temps pour répondre ou s'exprime lentement.
  • Ayez à l'esprit que le fait de s'ouvrir et de parler d'une détresse personnelle peut être un acte de courage et un défi; votre patience et votre attention peuvent lui faciliter les choses.
  • Posez des questions ouvertes axées directement sur les problèmes, sans jugement. (« Quel problème cette situation vous a-t-elle causé? »)
  • S'il y a un indice de risque quant à la sécurité, demandez-lui s'il pense au suicide. Un étudiant qui envisage de se suicider sera probablement soulagé que vous ayez posé la question. Si l'étudiant n'y pense pas, le fait le poser la question ne lui « mettra pas des idées dans la tête » ni n'augmentera la probabilité qu'il passe à l'acte.
  • Répétez-lui ce que vous avez entendu, de même que cela vous préoccupe et vous inquiète. (« Que devez-vous faire pour reprendre un mode de vie sain? ») Demandez-lui ce qui pourrait l'aider selon lui.
  • Suggérez-lui des ressources et des références. Faites-lui part de tout ce que vous savez au sujet des ressources que vous suggérez et sur comment il pourrait en profiter. (« Je connais les gens dans ce bureau, et ils sont très bons pour aider les étudiants afin qu'ils traversent ce genre de situation. »)
  • Évitez de faire de grandes promesses en ce qui touche la confidentialité, tout particulièrement si l'étudiant présente des risques quant à la sécurité. Les étudiants suicidaires ont besoin d'une intervention professionnelle rapide.

À moins que l'étudiant ne soit suicidaire ou qu'il représente un danger pour autrui, la décision d'aller chercher de l'aide lui revient. Si, lorsque vous offrez des ressources, l'étudiant vous répond qu'il y pensera, laissez-lui son libre arbitre. Laissez-lui entendre que vous voulez savoir comment il se porte dans une journée ou deux. Parlez-en à l'une des ressources de votre université — Bureau de l'aide pédagogique, Bureau du doyen ou une autre personne — et faites un suivi auprès de l'étudiant un jour ou deux après.

Discuter avec l'étudiant

Une fois que vous avez repéré un étudiant en détresse, vous pouvez lui faire part de vos préoccupations. Les recherches concernant les interventions brèves proposent plusieurs stratégies pour engager et avoir un dialogue efficace, cela même quand la source du problème est inconnue.

Demandez-lui la permission de discuter du problème.

Faites-lui part de vos préoccupations et demandez-lui la permission d'en discuter :

« Je suis inquiet quant à... Je me demande si nous pouvons parler de... »

Faites référence à des comportements spécifiques ou à des types de comportement :

« J'ai remarqué que.... »

Demandez-lui la permission d'aborder le sujet, et explorez plus en profondeur ses préoccupations en lui posant des questions ouvertes :

« Y verriez-vous un inconvénient si nous parlions de…? »
« Qu'est-ce qui vous inquiète quant à...? »

Laissez place au désaccord :

« Je suis peut-être dans l'erreur, mais... » « Cela peut sembler sorti de nulle part, mais... »

Faites de l'écoute active; laissez l'étudiant parler.

« Je peux certainement comprendre pourquoi cela peut être stressant. Qu'est-il arrivé? »

Reconnaissez et saluez son courage de révéler des difficultés personnelles :

« Je sais qu'il vous a été difficile de parler. Vous vous en êtes très bien tiré. »

Offrez-lui des conseils et faites des suggestions

Suggérez-lui qu'il existe plusieurs options afin d'obtenir de l'aide. Encore une fois, demandez-lui la permission de lui offrir des conseils :

« Certaines personnes ont trouvé plusieurs options utiles (aidantes) dans ce genre de situation. Accepteriez-vous que nous discutions de ces stratégies (ressources)? »

Lorsque vous présentez les autres services, tentez d'offrir plusieurs suggestions afin que l'étudiant ait des choix, dont celui de parler à un professionnel de la santé/psychologue ou de faire lui-même ses propres changements.

Après avoir fait plusieurs suggestions, demandez-lui ce qu'il en pense :

« Qu'en pensez-vous? Laquelle de ces options vous serait la plus utile? »

Soulignez le fait qu'il garde son libre arbitre :

« Peu importe la décision que vous prendrez, c'est à vous de décider. »

Soulignez le fait qu'il n'est pas obligé de faire face seul à ces problèmes :

« Il n'y a pas de honte à demander de l'aide ou encore d'utiliser les ressources disponibles. C'est une bonne façon d'aborder le problème. »

Terminez la discussion sur une note positive et laissez place à la poursuite de la discussion. Remerciez-le d'avoir discuté honnêtement avec vous :

« J'apprécie réellement le fait que vous ayez voulu discuter avec moi. »

Résumez le plan pour faire un changement :

« Vous semblez reconnaître que... particulièrement, vous prévoyez... »

Gardez la porte ouverte :

« J'aimerais beaucoup que vous me fassiez savoir comment vont les choses. Seriez-vous à l'aise de me tenir au courant? »

Les éducateurs doivent abandonner leurs critères quant au comportement et au rendement afin d'être en mesure d'aider les étudiants qui sont en difficulté ou en détresse. Néanmoins, il est important d'approcher ces étudiants avec une attitude prévenante et exempte de jugement.

Conserver des limites professionelles

Les étudiants ne sont pas toujours au fait de la quantité d'informations qu'ils doivent divulguer afin de conserver des limites professionnelles adéquates. Vous devez demander uniquement les informations essentielles. Le niveau d'informations requis peut être différent pour les étudiants inscrits auprès des Services d'accessibilité et pour ceux qui ne le sont pas.

Vous n'avez besoin que des informations nécessaires afin de prévoir des mesures d'adaptation pour les étudiants ou de les orienter vers les services appropriés. Par exemple, un étudiant aux prises avec la dépression pourrait avoir besoin de plus de temps pour ses travaux et un étudiant ayant un trouble anxieux pourrait avoir besoin d'une salle exempte de distractions. L'étudiant n'est pas dans l'obligation de vous divulguer son diagnostic.

Il arrive parfois qu'un étudiant se livre trop. Il peut fournir notamment des détails quant à son diagnostic ou à ses symptômes. Les éducateurs n'ont pas besoin de ces informations. Ainsi, ils ne doivent pas poser d'autres questions. Si un étudiant partage trop d'informations, l'éducateur doit gentiment lui dire qu'il n'a besoin que des renseignements qui lui permettront de prévoir des mesures d'adaptation.


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