Facteurs ayant une incidence sur la santé mentale

Une crise familiale

Il peut être stressant pour certains étudiants d'étudier loin de leur famille. Ce stress est décuplé quand une famille traverse une crise. Les crises peuvent être liées à une séparation ou au divorce des parents, au décès d'un membre de la famille, à la perte d'un emploi, à des difficultés financières, à une maladie mentale ou physique, à des problèmes juridiques ou à tout ce qui peut perturber le fonctionnement normal d'une famille. Le rendement scolaire peut en souffrir lorsque l'attention de l'étudiant est partagée entre la famille et l'école.

Les problèmes de santé

Un nombre croissant d'étudiants doivent gérer des problèmes de santé physique lors de leurs années universitaires. Ces problèmes de santé peuvent être chroniques, aigus ou récurrents. Les réactions individuelles par rapport aux problèmes de santé peuvent également varier considérablement. Un problème de santé peut être tout à fait gérable pour un étudiant, mais accablant pour un autre.

Peu importe la gravité de la maladie ou du problème de santé, cela peut perturber la vie universitaire de l'étudiant. Quelque chose d'aussi commun qu'une indigestion ou une grippe saisonnière peut drainer l'énergie d'un étudiant pendant plus d'une semaine. D'autres maladies, comme le diabète, la migraine ou la mononucléose, peuvent exiger des ajustements à plus long terme, du soutien ou des mesures d'adaptation.

Bien que le fait de manquer des classes, des examens et de ne pas respecter les échéances fixées puisse parfois être signe d'une mauvaise organisation ou gestion des priorités, cela peut être également le signe d'un problème de santé plus grave. Lorsque des maladies (ou déclarations de maladies) compromettent les études, le professeur et les étudiants doivent régler les problèmes avec honnêteté et confiance. Chacun de vous adoptera des approches différentes afin de discuter avec les étudiants quant à des problèmes de santé physique ou mentale, de la même façon que les étudiants auront une ouverture différente en regard de ces questions. Il est primordial que chacun comprenne que l'étudiant a le droit de garder les informations en regard de sa santé confidentielles, et qu'on ne doit jamais lui demander de fournir des renseignements particuliers sur son diagnostic ou son traitement.

Les dépendances

La consommation abusive de drogues et d'alcool peut occasionner beaucoup de problèmes aux étudiants et à leur entourage. L'alcool est la substance la plus couramment consommée chez les étudiants, et il est attribuable à la majorité des problèmes reliés à la consommation sur le campus. Les étudiants qui abusent des médicaments d'ordonnance sont nettement plus susceptibles de faire une consommation excessive d'alcool et d'autres drogues.

Il est possible que vous ne connaissiez pas toujours la cause de ces problèmes, mais vous pourriez remarquer les répercussions de la consommation d'alcool ou d'autres drogues sur le rendement scolaire des élèves ou en ce qui a trait aux interactions avec les autres étudiants.

De nombreuses personnes aux prises avec des dépendances ne reconnaissent pas la corrélation entre leur consommation et les changements/détériorations au niveau de leur comportement.Cette situation se complique par le fait que les problèmes de dépendance sont souvent concomitants aux problèmes de santé mentale tels que la dépression, les troubles de l'alimentation et le trouble d'hyperactivité avec déficit de l'attention.

Si vous soupçonnez qu'un étudiant consomme de l'alcool ou d'autres drogues, vous pourriez vouloir lui parler. Consultez l'étape 2 : Intervenir pour trouver des exemples de stratégies afin d'engager une telle discussion. Souvenez-vous de centrer le dialogue sur vos observations, ceci tout en exprimant vos préoccupations ou en offrant votre aide (p. ex. : « J'ai remarqué que votre dernier travail n'était pas à la hauteur de ce que vous pouvez faire d'habitude. Est-ce que tout va bien? »).

Le fait d'instaurer un environnement ouvert et libre de tout jugement n'exclut pas les conséquences habituelles en cas d'inconduite ou de résultats insatisfaisants. Le fait d'être présent pour un étudiant signifie également d'assurer sa responsabilité quant à ses comportements et à ses travaux. À certains égards, les effets de la consommation d'alcool ou d'autres drogues peuvent être momentanés et difficiles à se rappeler. Une mauvaise note est un rappel concret de l'impact de la consommation quant aux objectifs de l'étudiant. Étant donné qu'il peut s'écouler un certain temps avant qu'une personne convienne de la corrélation entre la consommation d'alcool ou d'autres drogues et des relâchements au niveau du rendement scolaire, il n'est pas rare que certains étudiants résistent à faire appel aux Services de santé, cela jusqu'à ce qu'ils aient d'importantes difficultés au niveau de leurs études.

La discrimination

La discrimination est la manifestation extérieure de stéréotypes ou de préjugés, plutôt qu'une évaluation juste des mérites, des capacités et des situations individuels. Elle conduit à l'exclusion de certaines personnes de diverses activités sociales, politiques ou économiques, et leur cause un tort indu. Les attitudes conduisant à la discrimination incluent les mots se terminant en « isme », tels que le racisme, le sexisme et l'âgisme.

La discrimination peut être voilée ou systémique, par exemple lorsqu'un enseignant n'évalue pas de façon juste en raison de son parti pris contre les croyances politiques, culturelles ou religieuses d'un élève. La discrimination peut également se manifester ouvertement sous forme de propos méprisants, de menaces, de violence ou de crimes haineux. Selon Statistique Canada, les groupes les plus souvent visés par la discrimination sont les femmes, les minorités raciales/ethniques, les personnes handicapées, les membres des communautés gaies, lesbiennes, bisexuelles, bispirituelles, transgenres et allosexuelles.

La discrimination a des conséquences directes sur la santé mentale et physique. Une victime de discrimination peut souffrir de dépression, d'anxiété, d'une incapacité à se concentrer, de haute pression, d'une faible estime de soi, d'apathie, de céphalées et de maux de dos. Par ailleurs, les personnes révélant être victimes de discrimination, sporadiquement ou fréquemment, sont plus susceptibles de sous-utiliser les services médicaux nécessaires.

Vous pouvez aider à atténuer la discrimination contre les groupes minoritaires en pratiquant une politique de tolérance zéro à l'égard de tels comportements sur le campus, et en établissant un climat de classe inclusif. Si un étudiant pense être victime d'un crime haineux violent, enjoignez-le à contacter directement la sécurité du campus et/ou la police locale.

Le harcèlement sexuel

Selon la Commission ontarienne des droits de la personne, le harcèlement sexuel peut inclure « des contacts ou des remarques inappropriées à connotation sexuelle », comme « le fait de reluquer une personne, les regards insistants inappropriés, les demandes de rendez-vous galant importunes, les demandes de faveurs sexuelles et l'affichage de photographies de graffitis sexuellement offensant. » Dans les universités, par exemple, des faveurs sexuelles pourraient être demandées à des étudiants en échange de décisions pédagogiques favorables ou d'occasions d'emploi sur le campus. Les hommes, aussi bien que les femmes, peuvent être auteurs d'actes de harcèlement sexuel et leurs victimes peuvent être des personnes du même sexe ou du sexe oppose. Un incident unique peut être considéré comme du harcèlement, même si la plupart du temps le harcèlement sexuel découle d'incidents répétés et persistants.

Les étudiants peuvent être victimes de harcèlement sexuel dans divers contextes, dont notamment dans les établissements universitaires, dans les résidences, en tant qu'étudiant salarié, ou à l'extérieur du campus. Ils peuvent éprouver des sentiments de honte, de colère ou être dans le déni, ou encore manifester des signes de détresse. Ces étudiants bénéficieront avantageusement d'une réaction emphatique qui leur permettra d'exercer un certain contrôle sur leur vie. Si vous remarquez qu'un étudiant est victime de harcèlement sexuel, vous devez l'orienter vers les ressources appropriées. Si l'étudiant ne se sent pas en sécurité, en tout temps, il faut l'enjoindre à contacter la sécurité du campus ou la police locale.

Si l'auteur d'actes de harcèlement sexuel est un professeur ou un membre du personnel, et qu'il a été identifié, orientez l'étudiant vers les ressources appropriées sur le campus afin qu'il discute de ces questions et examine les possibilités pour mettre fin au harcèlement. Si l'auteur d'actes de harcèlement sexuel est un autre étudiant, orientez l'étudiant victime de harcèlement auprès l'administrateur judiciaire ou du Bureau des droits de la personne et/ou du Bureau de l'équité afin qu'il discute de ses préoccupations et examine ses possibilités en vertu du code de conduite de l'université ou de la politique antiharcèlement. Si l'auteur d'actes de harcèlement sexuel n'est pas un membre de l'université ou qu'il n'a pas été identifié, contactez la sécurité. De plus, il pourrait être bon d'orienter l'étudiant vers les Services de counselling ou tout autre service pertinent de votre université.

Une agression sexuelle

Selon le Centre canadien de la statistique juridique, « les études montrent que de 15 à 25 pour cent des femmes en âge de fréquenter un collège ou une université seront victimes sous un aspect ou un autre d'une agression à caractère sexuel au cours de leurs études. » [ sic]. Dans la plupart des cas, l'auteur est connu de la victime; ce peut être un autre étudiant, une personne ayant un intérêt romantique, un assistant de recherche, un assistant à l'enseignement, un ami, etc.

Dans 90 pour cent des agressions sexuelles qui ont eu lieu sur les campus, ce sont des hommes qui ont agressé des femmes. Lorsque des hommes sont agressés sexuellement, les auteurs sont généralement d'autres hommes (mais aussi parfois des femmes), dont notamment des partenaires, des amis ou même des pairs soumis à des rituels d'initiation ou « bizutages ».

Les étudiants qui sont victimes d'agression sexuelle ont besoin d'une attention particulière. Leurs réactions quant à cette expérience traumatisante peuvent varier et se manifester par des difficultés de concentration dans leurs études, des images d'expériences traumatisantes, des sentiments d'impuissance ou de manque de contrôle, des épisodes de tristesse, de l'insomnie ou des cauchemars. Selon les circonstances, ils peuvent avoir besoin de prendre une pause de leurs études étant donné les conséquences émotionnelles inhérentes à l'incident, l'action en justice ou la poursuite criminelle. Il n'est pas inhabituel qu'une victime garde le silence sur l'agression sexuelle. La plupart des victimes ne portent pas plainte, craignant que leur comportement (tel que boire ou danser) ou leur jugement au moment de l'agression soit critiqué.

Si un étudiant vous révèle qu'il a été victime d'une agression, une réponse empathique peut faciliter le processus de guérison. De telles révélations devraient toujours être tenues comme étant véridiques et prises au sérieux. Si un étudiant vous parle d'un incident, cela montre qu'il vous fait confiance. Vous devez souligner son courage et lui offrir du soutien. Des questions ouvertes telles que « Comment puis-je vous aider? » ou « De quoi avez-vous besoin? » peuvent aider l'étudiant à se sentir plus à l'aise de parler et lui montreront qu'il est soutenu. Évitez les questions intrusives ou empreintes de jugement (p. ex. : « Pourquoi lui avez-vous fait confiance? » ou « Vous ne pouviez pas crier? »)

Les étudiants qui ont été victimes d'une agression sexuelle peuvent avoir besoin d'être informés des ressources locales ou sur le campus pouvant les aider à composer avec les effets psychologiques et émotionnels ainsi qu'avec les conséquences judiciaires éventuelles. Les ressources comprennent les services de counselling, le centre d'aide aux victimes d'agressions sexuelles local et les services d'aide aux victimes.

Le harcèlement (traque furtive)

Certains jeunes adultes se retrouvent parfois les cibles de conduites inopportunes et intrusives. Ces comportements constituent du harcèlement, et peuvent susciter de la peur et de l'anxiété. Le harcèlement peut prendre différentes formes comme suivre une personne (à son insu ou non), attendre secrètement qu'une personne arrive chez elle, faire des appels inappropriés, communiquer de manière excessive, directement ou indirectement, avec une personne ou même ses amis, ou communiquer directement avec une personne à une fréquence et intensité grandissantes. Dans certains cas, les conduites de harcèlement peuvent impliquer des menaces et de l'intimidation. La victime d'une telle attention envahissante peut devenir distraite, anxieuse, tendue, à fleur de peau et nerveuse.

Si vous apprenez qu'un étudiant est harcelé ou traqué, vous pouvez lui faire des suggestions sans porter de jugement. Faites en sorte que l'étudiant sache que cette forme de harcèlement est inacceptable et qu'il n'en est nullement responsable. Encouragez-le à prendre les mesures nécessaires en contactant les Services de counselling, le Bureau des droits de la personne, la sécurité du campus ou la police locale. Vous pouvez également soutenir l'étudiant en vous informant périodiquement de sa situation et tout en comprenant que cette forme d'ingérence peut rendre anxieux et distrait, ce qui fait qu'il est difficile de se concentrer sur les études. Si l'étudiant exprime une peur quelconque, la situation peut être dangereuse. Invitez-le fortement à contacter sans délai la sécurité du campus ou la police locale.

L'adaptation à un nouveau pays

Le processus par lequel nous nous adaptons à un nouveau pays ou au milieu universitaire est généralement associé à un certain niveau de stress. Cet état est transitoire et se dissipe généralement en quelques semaines avec du soutien. Durant cette période d'adaptation, les étudiants peuvent vivre des moments de solitude, avoir le mal du pays et ressentir une fatigue associée au voyage et au changement d'heure. De même, leur réseau de soutien habituel (auquel ils font appel dans leur pays) est absent, ce qui induit un plus grand sentiment de vulnérabilité. Il arrive à l'occasion que ce processus se prolonge et/ou soit associé à un inconfort marqué et à une incertitude parfois appelés « choc culturel ». Les étudiants qui vivent un choc culturel peuvent devenir facilement déboussolés, désorientés et hésitants à demander de l'aide étant donné l'anxiété et la détresse qu'ils vivent.

Les signes de choc culturel peuvent être les suivants :

  • Tristesse prolongée, solitude, mélancolie et tendance à pleurer constamment
  • Préoccupations au niveau de la santé
  • Douleurs, maux et allergies
  • Troubles de sommeil (sommeil excessif ou insuffisant)
  • Difficulté marquée à entreprendre la journée
  • Sentiments de vulnérabilité et d'impuissance
  • Colère inhabituelle, irritabilité, ressentiment, retrait social, difficultés au niveau de la maîtrise des émotions
  • Enthousiasme excessif quant au fait d'absorber rapidement les connaissances sur une nouvelle culture ou un pays
  • Incapacité de travailler, d'étudier ou de résoudre des problèmes simples
  • Sentiments d'infériorité ou d'insécurité, manque de confiance en soi
  • Préoccupations démesurées, telles que la propreté excessive
  • Problèmes conjugaux ou relationnels
  • Alimentation excessive ou perte d'appétit

Note : Bien que la plupart des personnes qui déménagent dans un nouveau pays ou qui s'intègrent à une nouvelle culture vivent un certain stress alors qu'elles tentent de s'adapter, le choc culturel se caractérise par une perturbation majeure du fonctionnement de l'étudiant.

Vous pouvez aider un étudiant à s'adapter à un nouvel environnement culturel en veillant à ce qu'il soit accueilli et soutenu. Les recherches démontrent que les étudiants internationaux qui sont accueillis et qui développent un sentiment d'appartenance envers leur établissement vivent moins de stress conséquemment au fait de s'adapter à un nouvel environnement. Vous pouvez également le soutenir en étant patient lorsque vous communiquez avec lui (p. ex. : formuler clairement vos propos et apporter des éclaircissements si nécessaire). Afin de soulager l'anxiété de l'étudiant, expliquez-lui clairement la diversité des habitudes ou coutumes aux niveaux scolaire et social, et précisez votre rôle ainsi que vos attentes. Si les difficultés d'adaptation ne s'atténuent pas avec le temps, et que l'étudiant manifeste des signes d'importantes perturbations à l'égard de son bien-être mental, il est conseillé de l'orienter vers un professionnel.  


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